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    Le PC du général pétain à La Targette

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    mercredi 7 mars 2007, par JFW

    LE PC DU GENERAL PETAIN A LA TARGETTE

    Bien mystérieux que ce P.C. !

    Etant donné le nombre de cartes postales éditées peu après la guerre sur cet ouvrage, il devait être connu et souvent visité dans les années vingt. Pourtant, nous n’avons trouvé aucune trace sur le terrain et aucun ouvrage connu (de nous !) n’en fait mention, ni même allusion.

    Les cartes postales nous montrent une entrée massive par laquelle on accède par une tranchée (au sens entrée de carrière du terme). Passé cet accès, nous parvenons à une carrière de craie de vastes dimensions.

    Cette carrière a été aménagée pour une longue période, à la manière des creuttes du Soissonnais ; nous y retrouvons entre autre les chambrées et la cuisine.

    D’autres parties de cette cavité ne semblent pas avoir été aménagées, ce qui laisse présager un développement important. Des tunnels semblent avoir été forés à partir de la carrière soit afin de rejoindre les tranchées en surface (comme à la carrière Martial), soit pour rejoindre d’autres carrières proches (carrière de Froidmont), soit sur un long développement vers l’arrière pour avoir une communication discrète avec les secondes lignes et pour amener hommes et matériels en toute sécurité (carrière de Vassens)

    Ces cartes postales mentionnent toutes "La Targette, le labyrinthe" qui ne laisse planner aucun doute sur sa localisation. (Il arrive régulièrement que ces cartes postales soient erronnées, parfois grossièrement). Cette mention laisse également présager que cette cavité ait été occupée et aménagée dans un premier temps par les Allemands jusqu’en juin 1915.

    Laissons place au guide Michelin pour nous rappeler les événements relatifs à ce famleux labyrinthe, dont il ne subsiste plus rien de nos jours.

    NEUVILLE-SAINT-VAAST

    Jusqu’en mai 1915, les premières lignes françaises furent distantes de 2 km. 500 de la lisière ouest de Neuville-Saint-Vaast et de 1 km. 500 de la lisière sud. Le 9 mai, des régiments appartenant à deux divisions du 20, corps sont chargés d’emporter le village, entièrement fortifié, "-vrai paquet de mitrailleuses et de lance-bombes", écrivit un officier qui participa à l’attaque.

    A dix heures du matin, ils partent à l’assaut. Une heure et demie après, ils ont atteint les lisières ouest et sud, ayant enlevé quatre lignes de tranchées, le village de La Targette et plusieurs ouvrages de défense isolés

    Mais la résistance de l’ennemi redouble à mesure que les maisons de Neuville sont abordées.

    Devant chacune d’elles, des combats acharnés se livrent. Seule, au cours de l’après-midi, la partie sud du village jusqu’à l’église peut être emportée. A l’est, le cimetière est également atteint et de furieux corps à corps s’engagent sur les tombes bouleversées. Deux fois le cimetière est pris, deux fois il est reperdu. Les Allemands réussissent finalement à s’y maintenir.

    Les jours suivants, la lutte se poursuit aussi âpre. Aucun village du secteur n’a été organisé aussi fortement que Neuvill Saint-Vaast. Les caves de chaque maison sont revêtues d’une couche de béton d’au moins un mètre d’épaisseur et au-dessous sont creusés des abris à l’épreuve des gros obus où les Allemands se terrent pendant les bombardements. Les caves communiquent entre elles, ce qui permet d’aller et venir d’un bout à l’autre du village sans danger ; au ras du sol enfin, sont percés des créneaux de tir et, à chaque carrefour, des abris bétonnés flanquent les maisons ; ils renferment des mitrailleurs retenus parfois prisonniers à côté de leurs pièces par des grillages fermés à clef.

    Le 15 mai, après cinq jours de combats ininterrompus, les Allemands sont chassés de la masse principale de Neuville. Ils restent toutefois solidement retranchés dans toute la partie nord et dans quelques groupes de maisons de la partie ouest du village. Ils s’y accrochent désespérément. L’artillerie doit pulvériser chaque maison. Jusqu’au 9 juin, le communiqué français mentionnera journellement le nom de Neuville-Saint-Vaast, relatant d’une phrase laconique les furieuses attaques livrées pour enlever, un par un, les derniers centres de résistance.

    En suivant le G. C. 49 à travers le village dont la destruction est complète, on arrive aux ruines de l’église, monceau de pierres et de gravats que l’on aperçoit à gauche, près de l’entrée d’une rue. Tourner à gauche dans celle rue pour aller visiter, à 1.500 mètres, les entonnoirs de mines de la Cote 119, au nord-est de Neuville-Saint-Vaast.

    A la sortie du village, il y avait avant 1915 une bifurcation : la route de gauche (G. C. 55) allait vers Givenchy ; elle a été détruite et l’on en trouverait difficilement la trace. Continuer tout droit. Bientôt des écriteaux anglais, à gauche et à droite de la route, indiquent les endroits où se trouvent les entonnoirs de mines. Le plus important, dénommé THE TWINs CRATER est à 50 mètres environ de la route, à gauche.

    Toute cette région est affreusement bouleversée ; les tranchées éboulées se confondent avec les trous d’obus. La route, quoique se prolongeant vers la ferme de la Folie et jusqu’au Petit-Vimy,ne pouvait être suivie en voiture au début de 1920.

    Revenir à Neuville-Saint-Vaast ; tourner à droite près des ruines de l’église, dans la direction de La Targette, mais à la sortie de Neuville, laisser la route de La Targette et prendre à gauche la route de Maroeuil (G. C. 55) jusqu’à la route d’Arras (N. 37) que l’on prend à gauche.

    A droite, à l’intérieur de l’angle formé par la route nationale et par la route de Maroeuil, on voit un cimetière.

    Continuer à suivre la N. 37 dans la direction d’Arras.

    A l’est de la route, dans d’anciens champs de culture, à cheval sur une croupe, les Allemands avaient édifié un immense ouvrage d’apparence inexpugnable, ayant près de deux kilomètres de côté et s’étendant des abords d’Ecurie aux organisations de Neuville-Saint-Vaast.

    Cet ouvrage, "position plus forte, a dit un communiqué, que ne le sont souvent des fortifications permanentes", est devenu célèbre sous le nom de Labyrinthe. C’était un amoncellement de sacs de terre et de ciment qui formaient des kilomètres de tranchées et de boyaux s’entre croisant en tous sens, se prolongeant sous terre par de profonds abris, défendus par des canons sous coupoles et, à tous les vingt-cinq mètres, par des mitrailleuses, flanqués de fortins et de blockhaus bétonnés, protégés par des réseaux de fils de fer barbelés en rangs serrés et épais...

    Le 9 mai, le Labyrinthe peut être seulement entamé dans sa partie sud, la préparation d’artillerie ayant été trop courte pour bouleverser les défenses de l’ouvrage. Il fallut suspendre l’attaque et procéder à de nouveaux et longs tirs de destruction.

    Le Labyrinthe fut conquis morceau par morceau du 30 mai au 17 juin. La lutte se poursuivit sans arrêt et fut d’un acharnement extrême. En une seule journée, l’artillerie lança sur la position et ses abords près de 300.000 obus, presque autant que toute l’artillerie allemande pendant la guerre de 1870.